Le Château de Pondres

Le Château de Pondres

Beautè d'un lieu, d'une histoire

Remontant à des temps sans doute immémoriaux, l’existence du Château de Pondres est attestée en 1195 grâce au testament du Seigneur d’Anduze. Sa composition et ses aménagements intérieurs évoluèrent au fil des siècles. Une importante campagne de travaux, menée au milieu du XVIIème siècle par Pierre II de Crouzet, Conseiller du Roy et Président de la Chambre des Comptes de Montpellier, donna au Château sa forme actuelle. Pillé à la Révolution, brûlé en son aile nord au début du XXème siècle qui le vit tomber peu à peu en désuétude, sa restauration complète, menée sous l’égide des Monuments Historiques, s’achève. Comme insensible aux agitations du temps, il retrouve aujourd’hui son allure majestueuse, devenant, au XXIème siècle, espace d’accueil, d’art et de culture.

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Aperçu historique

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L'incendie de 1792

Pondres figure sur la liste des « châteaux incendiès », au cours des journèes d’avril 1792. Ce «mèmoire, pour supplèer aux papiers qui furent brûlès dans les archives», anonyme, fût ècrit au cours de l’hiver 1803. Il recueille les souvenirs de Gabriel Joseph Villardi de Quinson, Marquis de Montlaur, seigneur de Pondres á la rèvolution. Les faits se seraient dèroulès ainsi :

“Monsieur Gabriel Raimond Villardi…

Car la révolution qui eut son commencement en 1789 n’avoit jamais altéré son genre de vie, loin de s’occuper encore moins de se mêler des affaires publiques, il avoit passé les trois premières années dans le plus grand calme, ne cessant de faire ses délices en son Château du progrès de l’agriculture, aussi lorsqu’il apprit le dimanche au soir premier d’avril 1792 que les Châteaux du Grand Galargues, Aubais, Aujargues, étoient dévastés par une troupe de brigands, s’il éprouva le sentiment de la douleur la plus vive pour les désastres qui se comettoient, il ne put craindre pour lui-même, rassuré par le témoignage de sa conscience… Tranquille dans son Château, il résista longtemps à ceux de sa famille qui le prièrent instamment de se retirer et ce ne fut que lorsqu’il vit lui-même cette horde d’incendiaires fondre sur son Château, qu’il se retira à la hâte à travers champs, traversa le Vidourle à Salinelle, où il se seroit reposé quelque temps, s’il n’avoit été bientôt forcé pour mettre sa vie en sureté, d’en partir avec Mr son second fils Isidor avec lequel il fut à Busignargues et de là à Montpellier où il arriva vers les neuf heures du soir.

C’est le lundi 2 du mois d’avril 1792 environ vers neuf heures du matin que commenca la dévastation du Château de Pondres. Durant plusieurs jours et même plusieurs semaines, il fut la proie des brigands. Le bled, le vin qui s’y trouvaient furent donnés en quantité à ces brigands, par ceux la même qui disoient être venus au nom de la loi pour arrêter toute dévastation, tout incendie. En vain quelques ouvriers entre autre Antoine Armajon, menuisier d’Aujargues, animés par le sentiment de reconnaissance, tentèrent d’y pénétrer quelques jours après. Ils furent repoussés par les gardes. Ce que M. le Marquis avait de plus précieux avoit été déposé dans différentes cachettes, une dans le boudoir de Madame la Marquise de Montlaur,(ce boudoir étoit superbe il y avoit quarante cinq glaces grandes et petites, la porte en avoit été fermée en forme d’armoire, on fit pour y entrer une brèche dans la chambre de Mr le Marquis dans l’avant boudoir où il y avoit tout le linge de maison et ses robes) qui n’enfermoit des effets précieux pour le prix de cent mille francs, ainsi que l’a dit Mme la Marquise à Antoine Roumajon après la dévastation. L’autre étoit un cabinet obscur dont la porte étoit en fer, que l’on ne put jamais ouvrir et dans lequel on entra par une brèche que l’ont fit dans le côté gauche de la porte. Il y en avoit trois dans le cabinet qui fut ouvertes. Dans un seul on retrouva et l’on sauva une huillière de porcelaine garnie en argent. Dans le cabinet au nord de l’appartement de M. le Comte de Quinson, père de M. le Marquis, on avoit réuni le plus de meubles les plus précieux et l’on avoit fermé la porte avec des briques. L’on tomba les briques et tout fut perdu…

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Non seulement le Château fut dévasté, mais les incendiaires portèrent leur fureur dans les cours du Château. Ils tuèrent un beau chien qu’on appelloit Clinton et qui étoit à l’attache. Ils tuèrent deux cygnes superbes qui étoient au bassin, lequel ils mirent à sec pour prendre les poissons ou peut-être le trésor qu’ils croyoient qu’on y avoit jeté. Il y avoit au milieu de ce grand bassin un homme de plomb qui fut pris par les brigands. La dévastation du Château de Pondres fut suivie de l’incendie des archives. La porte étoit de fer, elle fut forcée et enfin ouverte avec beaucoup de peine : ce fut le mardi trois du mois d’avril que l’on mit le feu aux archives. Mais comme il s’éteignit bientôt, on prit tous les papiers, on les porta à l’avant cour du Château où ils furent brulés. De tous les papiers que renfermoient les archives, il ne reste qu’un acte de la donation de Pondres écrite en parchemin, que l’on déchiffre avec peine et dont voici l’extrait…”

Les archives de Pondres renfermoient une multitude de papiers qui donnoient des détails aussi intéressant qu’honorables à la famille de Mr le Marquis de Montlaur. Plusieurs de ses ancêtres avaient reçus des preuves de bienveillance et d’estime de la part des Souverains de France et d’Italie… J’ai demandé durant l’hiver 1803 à Mr le Marquis de Montlaur tout ce que sa mémoire pouvoit lui fournir sur les papiers qu’il avoit autrefois lus dans ses archives…

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